COLIN MEXICAIN ou ECAILLE
 
Répartition :
Son aire de distribution, très réduite et compacte, se circonscrit à l'extrême partie sud-ouest des Etats Unis et au Nord du Mexique, des deux côtés du Rio Grande. Aux USA, elle recouvre partiellement les états du Kansas, du Colorado, du Texas, de l'Arizona et du Nouveaux Mexique. Au Mexique, elle couvre la Sierra Madre Orientale et le Haut plateau Mexicain au sud jusqu'aux environs de San Luis de Potosi.
Caractères distinctifs Cet oiseau doit son nom aux extrémités noires de ses plumes qui donnent à la nuque, au manteau et aux parties inférieures jusqu'à la queue un aspect fortement écailleux. Les deux sexes sont sensiblement identiques et leur plumage présente la même coloration bleu-gris pâle.
Tous deux affichent une petite huppe avec une bordure blanc coton. Pour établir une différence entre les deux partenaires, il convient de regarder attentivement les plumes du menton : le mâle présente une belle teinte marron clair bien définie, alors que la femelle propose une couleur brune délavée avec de fines rayures.
Le mâle possède une tête à l'apparence plus massive. En comparaison, celle de la femelle parait plus reduite et la huppe donne l'impression d'être plus éparse.
Une sous-espèce, bien connu en captivité sous le nom de caille à ventre brun (callipepla castanogastris), présente sensiblement les mêmes couleurs que la race-type, toutefois une large tache brun-chatain marque la partie inférieure de sa poitrine. es jeunes ont des couleurs ternes et ressemblent étrangement à ceux du colin de Californie.
Habitat :
Les colins écaillés vivent dans les semi-déserts, les paysages ouverts arides, les zones boisées en genevriers entre 1050 et 1400 mètres. Les précipitations y sont rares et ne dépassent guère les 8 à 15 millimètres par année. Ils évitent les zones entièrement dégagées, l'absence d'abri et de couverture représentant un facteur limitant sur la plus grande partie de son aire. Cette espèce utilise en effet le couvert pour cinq raisons essentielles : le repos diurne, le camouflage, le refuge, le perchoir et la nidification.
Chaque endroit, un peu différent, doit présenter des solutions adaptées aux besoins gradués de l'oiseau. Le couvert qui sert à la nidification est le plus important. Il doit présenter des bonnes garanties pour la cachette du nid et des petits et ne doit pas être trop dense de façon à fournir des alternatives de repli en cas d'arrivée de prédateurs. Le reposoir revêt également une certaine importance, tout naturellement parce que le colin y passe un laps de temps important, du moitié de la matinée jusqu'au début de la soirée.
Cet endroit doit posséder un terrain central dégagé entouré de fourrés qui assurent une protection verticale et latérale contre les effets du soleil. Si le lieu est pourvu en haricots de sumac ou en baies de mesquite, il n'en prend que plus de valeur. La cachette ou le refuge sont des lieux étroitement liés au reposoir. Ils constituent une solution de substitution immédiatement disponible si l'oiseau est dérangé pendant son repos. On ne peut décrire cette endroit car il varie énormement dans sa structure et tout ce qu'on peut dire c'est que le colin écaillé est très opportuniste et qu'il choisit toujours un endroit adapté à la nature du danger. Amoncellement des broussailles, bâtiments ou corrals abandonnés peuvent constituer de bons exemples de ce type de refuges. Le perchoir représente la dernière des priorités. Il s'agit souvent de massifs de petits arbustes, dégagés sur le dessus car les colins doivent pouvoir s'envoler en cas de prédateurs.
Nourriture :
Catalogué comme un mangeur de graines, le colin écaillé se nourrit tôt le matin ou tard dans la soirée. Les graines représentent un effet une large part du menu des adultes pendant toute l'année, cependant son régime est contraint de fluctuer et de s'adapter en fonction des disponibilités des ressources.
Il n'empêche que, même lorsqu'elles ne sont pas très abondantes, les graines conservent une part relativement importante dans la diète de l'oiseau. Les colins écaillés en consomment toutes sortes : ils préfèrent en général les graines des plantes ligneuses locales ou celles des plantes aromatiques mais ils savent souvent se contenter de simples herbes ou des moissons des champs cultivés qui peuvent parfois constituer un pourcentage non négligeable.
Au palmarès des graines les plus appréciées, on peut citer celles du croton, de la sétaire, le sumac, le mesquite, le tournesol ou encore l'herbe à poux. La bistorte, plante des prés montagneux à fleurs roses peut également s'ajouter à cette longue liste.
En hiver, le colin se nourrit d'herbes vertes. Les racines nutritives des jeunes plantes sont très importantes pour préparer la saison de nidification. Elles contiennent une bonne quantité d'humidité et lui fournissent l'eau suffisante pour se désaltérer.
Pendant la nidification, les insectes (cigales, coléoptères) prennent une importance particulière car ils apportent les protéines nécessaires pour la croissance des jeunes qui viennent d'éclore mais ils représentent aussi une source d'hydratation remarquable pour les adultes. Après un mois de régime carné, le régime végétarien devient progressivement celui des jeunes.
Reproduction :
Les colins écaillés nichent généralement sur le sol, quoiqu'ils soient capables d'occuper de vieux nids abandonnés dans les arbres. Comme leurs autres congénères, ils sont monogames. La période de nidification commence en Avril-Mai, soit au début de la saison des pluies, et s'étale jusqu'en septembre.
Pendant les années particulièrement sèches, les colins font l'impasse et ne se reproduisent pas. La femelle pond de 10 à 14 oeufs plus ou moins tachés de brun. Ils ont une plus grande taille que ceux du colin de Virginie et ne sont pas aussi pointus sur la partie fine. L'incubation dure 22 à 23 jours et plusieurs couvées sont envisageables durant la saison.
Comportement :
Les colins écaillés émettent de puissants cris aigus "pay-co, pay-co" ou des sifflements nasillards. Comme la plupart de cailles, ils répugnent à prendre leur envol, sauf en cas de danger.
Dans la majorité des cas, ils sont prompts à la réaction et préfèrent prendre leurs jambes à leur cou. Les colins sélectionnent d'ailleurs des terrains pas trop accidentés, ouverts au niveau du sol sur lesquels ils peuvent exprimer leurs grandes qualités de coureurs. Cette dextérité et leur habilité à prendre le couvert les rend très difficiles à chasser.
Anticipant la réaction des prédateurs, ils ont vite fait de disparaitre dans le paysage, les laissant avec leur frustration.
Les colins écaillés sont très grégaires et, en hiver, les familles se rassemblent en larges compagnies pouvant atteindre de 30 à 100 membres, parfois jusqu'à 200. Au fur et à mesure que l'hiver progresse, les effectifs des bandes diminuent à cause de la chasse, de la prédation, des rigueurs du climat et pour d'autres raisons encore.
Pendant la première année, une mortalité qui atteint 70% et plus est considérée comme normale. Au printemps, les bandes ou ce qu'il en reste se disloquent et les couples commencent à se former pour le début de la saison de nidification.
A la nuit, ils installent des dortoirs dans les buissons ou dans des petits arbres bas. Les populations de colins varient considérablement en fonction des périodes de sécheresse ou de violentes précipitations.
 



 
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